La mini-jupe, c’est pas chaud en hiver!

T-shirt moulant, string qui déborde du jean, nombril à l’air, brillant à lèvres…La mode contemporaine chez certaines jeunes filles frôle l’érotisation et tente souvent de répondre au besoin de plaire. Le phénomène de l’hypersexualisation est à l’origine de plusieurs réactions et critiques d’experts. Toutefois, peu d’échos ont été entendus de la part des jeunes. Quelle est l’opinion des jeunes sur ce sujet? Que pensent-ils de cette mode?

Un rapport de recherche récent de Duquet et Quéniart (2009), nous donne le pouls des jeunes Québécois sur le sujet. Ce rapport est basé sur les résultats d’entrevues individuelles réalisées auprès de 69 élèves de niveau secondaire, âgés de 12 à 18 ans. L’une des thématiques abordées concerne la mode vestimentaire hypersexy chez les jeunes filles. Voici les constats qui ont attiré davantage notre attention…

En général, les adolescents ont une perception très précise des filles sexy. Ceux-ci sautent rapidement de la description des vêtements « attrayants » au jugement de valeur. Certains sont mêmes assez critiques et qualifient les filles qui s’habillent sexy de « putes » ou de « filles faciles ». D’autres utilisent des termes issus de l’univers pornographique pour les décrire.

« […] [ les filles habillées comme ça nous envoient le message] qu’elle n’est plus vierge et qu’elle est en manque de sexe, elle cherche un chum et elle met en valeur ses ressources». (GARÇON DE 13 ANS, SECONDAIRE I)

Selon les jeunes hommes, les filles s’habillent sexy pour plaire, pour séduire et « pour se faire regarder ». Elles peuvent également se vêtir de la sorte pour « mettre leurs corps en valeur » ou pour « être belles ».

Pour les filles, le style sexy est « dégradant ». Les adolescentes croient que de porter des vêtements sexy, c’est pour plaire aux garçons. Pour elles, c’est une forme de non-respect d’elles-mêmes qui connote l’idée de fille/objet. Certaines ajoutent des expressions pour décrire ces filles qui s’habillent sexy telles que « buffet à volonté » et « sois belle et tais-toi ».

«Moi je trouve que c’est un peu exagéré. Voir une fille de 12-13 et 14 ans porter des gros décolletés et des minijupes, je trouve que c’est pas de leur âge pour l’instant.». (FILLE DE 17 ANS, SECONDAIRE V)

Pour les jeunes, les vêtements osés portés par les filles évoquent des points de vue essentiellement négatifs. Pourtant, cette vague vestimentaire continue de faire  quelques « adeptes ». Quelle est votre opinion sur ce sujet litigieux?  Comment parler de ce phénomène en contexte de fiction ?

Pour en savoir davantage, consulter le rapport de recherche en ligne :

Duquet, F. et A. Quéniart (2009). Perceptions et pratiques de jeunes du secondaire : Face à l’hypersexualisation et à la sexualisation précoce, rapport de recherche.